Rhétorique politique

Ce printemps, Le Monde a publié une petite leçon de rhétorique politique. Je l’ai découverte hier alors que ledit journal l’a relayée sur sa page Facebook. Que c’est réjouissant! Vous voulez me faire rire? Faites des blagues de figures de style ou, comme Le Monde, une satire politique à la sauce rhétorique. La vidéo produite offre par ailleurs une excellente occasion de réviser des figures telles que l’anaphore, l’épiphore, la métaphore, la paronomase et quelques autres. À voir.

Vous trouverez le lien ici.

 

Citation

Une petite citation de T. W. Adorno, que j’ai retrouvée dans mes papiers. Je me rappelle que c’est René Lapierre qui nous l’avait donnée dans son cours Aspects et problèmes de la création littéraire, à l’UQAM, à l’automne 2004. C’était ma première session d’université.
Tu sauras que tu es aimé si tu peux te montrer faible sans provoquer une réaction de force.”
-T. W. Adorno, Théorie esthétique

Quelques citations

Voici quelques citations que j’ai griffonnées sur des bouts de papier au cours de la dernière année.

“Toutes les grandes personnes ont d’abord été des enfants, mais peu d’entre elles s’en souviennent.” – Saint-Exupéry, Le Petit Prince

“Le génie a cela de beau qu’il ressemble à tout le monde et que personne ne lui ressemble.” – Balzac, Le Curé du village

 “Il n’existe pas de sujet peu intéressant, il n’y a que des personnes peu intéressées.” – Gilbert Keith Chesterton, écrivain anglais

 “La théorie, c’est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c’est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi. Ici, nous avons réuni théorie et pratique: rien ne fonctionne et personne ne sait pourquoi!” – Einstein

 “Pour réaliser une chose vraiment extraordinaire, commencez par la rêver.” – Walt Disney

 “Rêve ta vie en couleur, c’est le secret du bonheur.” – Walt Disney

Lire Le Devoir, un geste politique ?

Voyez-vous, je n’avais jamais vu la chose ainsi. Je me suis abonnée au journal Le Devoir pour la première fois alors que j’étudiais au cégep — les arts et lettres — un peu pour découvrir le monde, surtout pour me brancher, enfin, sur l’information.

Dépendamment des milieux que l’on côtoie, lire Le Devoir est un choix que l’on doit assumer. Lire Le Devoir catégorise, non pas d’abord politiquement, mais socialement. En effet, sur le ton du sous-entendu, il m’est arrivé d’entendre des “Madame lit Le Devoir…”, insinuant que Madame, donc, se pense supérieure. Certes, ce journal est surtout celui de l’intelligentsia québécoise. Son contenu, dépourvu du sensationnalisme qui suinte partout ailleurs, permet de réfléchir et de construire ses propres prises de position. Pour cette raison, oui, et seulement pour cette raison, sans doute demande-t-il un plus grand effort intellectuel. Un effort pourtant à la portée de la majorité d’entre nous, alors lâchez-moi l’étiquette!

Aujourd’hui, je lis Le Devoir d’abord et avant tout par plaisir. Parce que j’aime l’approche, l’écriture et les sujets qui y sont traités. Parce que je m’y informe, apprends et trouve des idées. Il me donne envie de faire de la recherche sur toute sorte de sujets alors que je déteste cela. Au final, je le laisse chercher pour moi. Quand je lis mon journal, il m’arrive de prendre des notes, pas toujours pertinentes: des citations qui m’ont intéressée ou amusée, un détail qui m’a lancée sur une réflexion en contexte ou hors contexte, le nom d’artistes à découvrir…

Mais je n’avais encore jamais pensé à mon abonnement comme à un geste politique. Tous les lundis jusqu’à la fin de l’année, le journal présente en ses pages un ou une de ses abonnés. Celle de ce matin, Caroline Boudeau d’Ottawa, avance qu’elle s’est abonnée pour soutenir le journal politiquement. Parce que plus celui-ci a d’abonnés, plus il a de poids pour défendre ses prises de position, dit-elle. J’ajouterais qu’en tant qu’individu, c’est aussi une façon de revendiquer le droit à être correctement informé. Un abonnement, un vote en ce sens. Après tout, quand on choisit un journal, on choisit aussi la façon dont on veut être considéré en tant que lecteur et citoyen.

Malgré tout, toutefois, j’ai choisi de restreindre mon abonnement au samedi seulement en raison de mon horaire trop chargé. Reste à voir si je résisterai à l’appel du kiosque…

Ten rules for writing fiction

The Guardian (Angleterre) a demandé à une trentaine d’auteurs, en majorité britanniques, quelles sont les dix choses à faire ou à éviter quand on veut se lancer dans l’écriture. J’ai recueilli les dos and don’ts qui m’ont semblé les plus amusants, ceux qui sont empreints d’humour ou qui sont des manifestations de tics d’auteur. Et, non, je ne les ai pas traduits. Les voilà:

  • Using adverbs is a mortal sin — Elmore Leonard
  • Take a pencil to write with on aeroplanes. Pens leak. But if the pencil breaks, you can’t sharpen it on the plane, because you can’t take knives with you. Therefore: take two pencils.
  • Do back exercises. Pain is distracting. — Margaret Atwood
  • Do not place a photograph of your favourite author on your desk, especially if the author is one of the famous ones who committed suicide.
  • Do, occasionally, give in to temptation. Wash the kitchen floor, hang out the washing. It’s research.
  • Do spend a few minutes a day working on the cover biog – « He divides his time between Kabul and Tierra del Fuego. » But then get back to work. — Roddy Doyle
  • Never worry about the commercial possibilities of a project. That stuff is for agents and editors to fret over – or not. Conversation with my American publisher. Me: « I’m writing a book so boring, of such limited commercial appeal, that if you publish it, it will probably cost you your job. » Publisher: « That’s exactly what makes me want to stay in my job. » — Geoff Dyer
  • Imagine that you are dying. If you had a terminal disease would you ­finish this book? Why not? The thing that annoys this 10-weeks-to-live self is the thing that is wrong with the book. So change it. Stop arguing with yourself. Change it. See? Easy. And no one had to die.

    You can also do all that with whiskey. — Anne Enright

  • Never use the word « then » as a conjunction – we have « and » for this purpose. Substituting « then » is the lazy or tone-deaf writer’s non-solution to the problem of too many « ands » on the page. — Jonathan Franzen
  • Cut out the metaphors and similes. In my first book I promised myself I wouldn’t use any and I slipped up during a sunset in chapter 11. I still blush when I come across it. —Esther Freud
  • Remember: when people tell you something’s wrong or doesn’t work for them, they are almost always right. When they tell you exactly what they think is wrong and how to fix it, they are almost always wrong. — Neil Gaiman
  • Remember writing doesn’t love you. It doesn’t care. Nevertheless, it can behave with remarkable generosity. Speak well of it, encourage others, pass it on. — AL Kennedy
  • If you get stuck, get away from your desk. Take a walk, take a bath, go to sleep, make a pie, draw, listen to music, meditate, exercise; whatever you do, don’t just stick there scowling at the problem. But don’t make telephone calls or go to a party; if you do, other people’s words will pour in where your lost words should be. Open a gap for them, create a space. Be patient. — Hilary Mantel
  • Once a chapter is scribbled down rough – I write very small so I don’t have to turn the page and face the next empty one. —Michael Morpurgo
  • Lock different characters/elements in a room and tell them to get on. — Andrew Motion
  • My main rule is to say no to things like this, which tempt me away from my proper work. — Philip Pullman
  • Regard yourself as a small corporation of one. Take yourself off on team-building exercises (long walks). Hold a Christmas party every year at which you stand in the corner of your writing room, shouting very loudly to yourself while drinking a bottle of white wine. Then masturbate under the desk. The following day you will feel a deep and cohering sense of embarrassment. — Will Self
  • Turn up for work. Discipline allows creative freedom. No discipline equals no freedom. — Jeanette Winterson

Évidemment, il y avait aussi des conseils plus sérieux — quoique, à mon avis, les plus grandes vérités arrivent ainsi déguisées. Pour ceux que ça intéresse, vous trouverez l’article intégral ici.

La nausée

Il y a des livres qui sont comparables au junk food. Ça se lit vite, ça se lit facilement, ça se lit sans préparation. Après, tu te sens graisseux, moche, sale par en dedans. T’as le cerveau embourbé, lâche, t’en as presque mal au cœur, et tu te cherches une petite lecture clean pour te purger, te nettoyer les méninges.

Bien que t’aies lu pour l’histoire et pour l’histoire seulement, la nausée t’as vite pris pour avoir ingurgité tous ces mots inutiles que l’éditeur a laissé passer. T’as raturé mentalement de longs pans de texte qui ne servaient pas l’histoire et encore moins le style, quasi absent du livre. Juste à l’idée d’ouvrir le tome suivant, le cœur te lève, mais tu sais que tu vas finir par succomber — pour connaitre la fin, mais surtout parce qu’on a tous besoin de se vider le cerveau de temps en temps.

Tout comme on consomme le junk food par le biais des établissements de restauration rapide, on se procure la littérature plus que populaire à la bibliothèque plutôt que chez le libraire. Parce que, dans les deux cas, on n’assume jamais à cent pour cent. Alors tu te consoles en te disant que le prêt arrive bientôt à échéance, et que tu devras rendre le livre à la bibliothèque.