Tintin: Le secret de la Licorne & Tintin: Le trésor de Rackham le Rouge

Je ne suis définitivement pas une fan de Tintin. Depuis qu’on m’a rabattu les oreilles avec ce personnage de bande dessinée à chaque heure d’un cours de 45 heures, j’ai conservé un petit mal de cœur tintinesque. Si j’ai lu ces albums (Le secret de la Licorne et Le trésor de Rackham le Rouge) du très connu Tintin, c’est que j’ai fait le choix de présenter aux élèves le film qu’en a tiré Spielberg en 2011. Notons que le film est aussi adapté de l’album Le crabe aux pinces d’or, que je n’ai pas lu.

Tintin Le secret de la licorne Hergé

Tintin achète la maquette d’un bateau afin de l’offrir à son ami, le capitaine Haddock. Dès lors, il ne cesse d’être harcelé par des collectionneurs qui souhaitent le lui racheter à tout prix. Tintin refuse. Bientôt, il découvre que ce modèle réduit est identique en tout point à la Licorne, le navire gouverné par l’ancêtre du capitaine. Bien sûr, il y aura une histoire de trésor derrière tout ça… Ça m’a un peu réconciliée avec Tintin. Bien que je ne m’empresserai pas de lire les autres albums, je reconnais que les personnages de Le secret de la Licorne et Le trésor de Rackham le Rouge sont divertissants et originaux. Puis, j’ai eu du plaisir à présenter la bande dessinée et son auteur aux élèves.

Tintin: Le secret de la Licorne au cinéma

Le film Les aventures de Tintin: Le secret de la Licorne est une création faite à partir des trois albums que j’ai mentionnés en introduction, mais ayant pour fil conducteur la trame narrative de Le secret de la Licorne. C’est la première des trois adaptations des albums de Tintin prévues par Spielberg. Le film est très bien fait et les personnages bien représentés dans cette “reconstitution des évènements”. De plus, un clin d’œil à Hergé est fait au début, alors que Tintin s’arrête dans une foire et se fait caricaturer par un homme ressemblant drôlement au dessinateur… Le film n’est pas trop long (1 h 47) et empreint d’humour. Une bonne adaptation.

HERGÉ. Tintin: Le secret de la Licorne, Casterman, Paris, 64 p.

HERGÉ. Tintin: Le trésor de Rackham le Rouge, Casterman, Paris, 64 p.

Les deuxièmes

Une amie m’a prêté Les deuxièmes de Zviane, bande dessinée achetée lors du Salon du livre qui a eu lieu dernièrement au Saguenay. Elle l’avait emportée avec elle lors de notre dernière fin de semaine de filles. Cette amie, que je sais capable de dormir des heures d’affilée, me surprend toujours en voyage en se levant tôt pour disparaitre à la piscine ou au salon. Lors de notre récente sortie trifluvienne, donc, le dimanche matin, je l’ai retrouvée engloutie dans un fauteuil avec un café. La bande dessinée reposait sur la table. Lue. “Je te la prête si tu veux.” D’accord.

Les deuxièmes Zviane

Ces derniers temps, je ne choisis pas vraiment mes lectures, car j’ai eu la brillante idée de commencer une maitrise (pourquoi pas?), et les lectures obligatoires dictent mon quotidien littéraire. Mais une bande dessinée comme Les deuxièmes a l’avantage de se lire rapidement, alors je me suis offert un répit.

Je n’avais jamais lu Zviane. Il faut dire que mes incursions dans le neuvième art sont plutôt rares. J’aime la bande dessinée, mais il y a tant de romans que je veux lire, et puis mes propres aspirations sont plutôt tournées vers la prose.

Voilà. J’ai bien aimé Les deuxièmes de Zviane. C’est une bande dessinée (érotique? oui mais non, c’est beaucoup plus, en fait) qui annonce ses couleurs dès le repli cartonné de la couverture, à l’intérieur du livre (y a-t-il un mot pour cela?). On y retrouve des schémas des deux personnages, avec des symboles identifiant les parties de leurs corps, leurs mouvements ou différentes postures érotiques. Ces symboles ont leur raison d’être et sont repris dans la dernière partie de l’ouvrage.

Les deuxièmes met en scène un couple réuni dans une maison de Hollande. Zviane y dessine des scènes rappelant le quotidien, la complicité du couple qui se retrouve et ses petites chicanes, mettant l’accent (ou plutôt s’abstenant de censurer) sur la place qu’occupe dans leur relation la sexualité.

Celle-ci, bien que très présente et explicite, a sa raison d’être et est présentée de façon toute naturelle, montrant la place qu’elle occupe au sein du couple. On n’aurait pas l’idée d’être choqué en tournant les pages, enfin, je le souhaite bien, car Zviane traite avec sensibilité du thème des “deuxièmes”, de ceux qui jouent dans la vie de l’autre un rôle de second plan, du lien ambigu qui les unit.

Et puis il y a le piano. La partition.

Pour en savoir un peu plus, voir des planches de la bande dessinée ou visionner sa bande-annonce, je vous invite à visiter la page suivante.

Et le site Web de Zviane.

ZVIANE. Les deuxièmes, Éditions Pow Pow, 2013, 132 p.

Ayako

Disons-le, je ne suis pas une spécialiste du manga. C’est un genre que je trouve tout à fait fascinant, mais que je n’ai simplement jamais approfondi. Je me dis toujours qu’un jour je m’y mettrai, sans doute. Puis, on m’a prêté Ayako du japonais Osamu Tezuka.

Ayako Osamu Tezuka manga

L’auteur d’Ayako

Osamu Tezuka (1928-1989) est considéré au Japon comme “le Dieu du manga”. Précoce et extrêmement prolifique, il a dessiné quelque 150 000 pages de mangas en plus de fonder sa maison de production de dessins animés en 1961, après avoir obtenu son diplôme de médecine. C’est l’homme derrière Astro Boy et King Leo.

Pour en savoir plus sur cet auteur à la biographie fascinante, je vous invite à consulter l’encyclopédie Larousse à l’adresse suivante: http://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/Tezuka_Osamu/146437.

Ayako

Créé en 1972, ce manga aux références historiques met en scène une puissante famille japonaise, les Tengé, alors que le Japon de l’après-guerre subit l’occupation américaine. Tout commence en 1949 alors que Jiro, le deuxième fils de la maison, rentre après avoir été fait prisonnier de guerre. Pour survivre, il a dû faire une croix sur son honneur, et il exécute encore des missions pour l’ennemi. Cependant, peu après son retour, une de celles-ci tourne mal. Les soupçons se tournant vers lui, les dirigeants de la famille Tengé songent à un plan pour sauver leur réputation. C’est une famille puissante, certes, mais surtout sans scrupules. Pour protéger leur nom, les membres de la famille votent presque tous en faveur de la réclusion à perpétuité de la jeune Ayako, 4 ans, qui a vu son frère Jiro laver le sang de sa chemise et est devenue, par le fait même, un témoin naïf et encombrant.

Cette saga en images de 696 pages, qui s’étend de 1949 à 1972 est riche et habilement menée. Les thèmes sont durs: violence, abus, réclusion… mais le scénario, profond, bien ficelé, est servi par des images dynamiques qui tantôt montrent tantôt suggèrent. Elles nous permettent de comprendre autant les silences que les malaises tout comme elles évoquent avec force les moments culminants des relations sexuelles – parce que manga ne signifie pas jeune public. Les cadres sont variés; les images, non statiques. On se croirait dans un roman, ou dans un film.

À lire, donc. De droite à gauche…

Ayako Osamu Tesuka Train

Ayako Osamu Tezuka Orio

Ayako Osamu Tezuka Méchant Jiro

TEZUKA, Osamu. Ayako, Delcourt, 704 p.

Persepolis

Il y a quelques années, j’ai été fascinée par le film d’animation tiré de la bande dessinée Persepolis de Marjane Satrapi. En raison de son style, hors du commun, qui donne l’impression de regarder une bande dessinée à la télé et, encore plus, en raison de son propos: le parcours de l’auteure, de sa jeunesse iranienne pendant  la guerre Iran-Irak jusqu’à son premier exil européen.

J’avais hâte de lire la bande dessinée Persepolis, et je n’ai pas été déçue. J’y ai retrouvé les images qui ont servi le film, coréalisé par  l’auteure, Marjane Satrapi, et j’ai renoué avec son histoire singulière, Persepolis étant une œuvre autobiographique.

Persepolis Marjane Satrapi

J’ai aimé y découvrir l’Iran d’avant la guerre, ce pays ayant précédé la révolution islamique où vivait la femme libérée. Aujourd’hui, tout ce qu’on sait de ce pays est teinté par l’oppression et la religion. Il est intéressant de découvrir qu’il n’en a pas toujours été ainsi. Mais surtout, ça nous rappelle à quel point il s’en faut de peu pour qu’un pays tout entier se transforme et perde ses droits.

Les livres qui parlent de guerre le font souvent du même point de vue: celui de l’homme, auquel le sujet est automatiquement rattaché. Le plus souvent, ce sont les hommes qui font la guerre, qui sont fascinés par elle, qui s’imaginent puissants soldats guidés par la testostérone… Ici, Marjane Satrapi nous offre un point de vue complètement différent, celui de la femme qui lutte pour ses droits au quotidien. Une autobiographie féminine sur fond de guerre qui présente la femme autrement qu’en ménagère soumise attendant le retour de l’homme au combat. Persepolis présente une histoire puissante parce qu’elle met en lumière la force des êtres qui résistent au quotidien.

Persepolis  au cinéma

Le film Persepolis, réalisé en France où demeure aujourd’hui Marjane Satrapi, est superbe, fidèle à la bande dessinée. Il faut le voir absolument!

L’invention de Hugo Cabret

Ces derniers temps, j’étais à la recherche d’œuvres littéraires ayant été adaptées au cinéma. Je cherchais à la fois de bons livres et de bons films que je pourrais par la suite présenter à l’école à une clientèle adulte. Surtout, je cherchais à varier les genres de livres: romans, mais aussi bandes dessinées et romans graphiques. C’est mon amie Lana qui m’a fait découvrir L’invention de Hugo Cabret de Brian Selznick, un roman en mots et en images selon la définition de l’auteur. J’avais vu le film, mais j’ignorais qu’il était tiré d’un livre… Les étoiles étaient alignées puisque, dès le lendemain, je le dénichais en bouquinerie.

L'invention de Hugo Cabret Brian Selznick

J’en parle à tout le monde depuis que je l’ai ouvert: quel livre magnifique que L’invention de Hugo Cabret! Il me charme en tous points. D’abord, j’adore sa structure où images et texte alternent pour faire avancer le récit. Le livre s’ouvre sur une “brève introduction” où le lecteur est invité à s’imaginer qu’il est dans le noir, comme au cinéma, et à ouvrir son imaginaire au monde de Hugo Cabret… L’histoire commence ensuite sur une série d’images. Pas de mots. Que des dessins qui, l’un à la suite de l’autre, permettent au “lecteur” de découvrir les lieux où se situe l’histoire, le personnage d’Hugo, ce qu’il fait, qui il voit… Surviennent alors de courtes pages de textes, puis des images, puis un peu de texte et ainsi de suite.

Pour voir à quoi ressemblent le livre et ses images, vous pouvez visionner la vidéo ci-dessous. Toutefois, si vous ne voulez pas trop en voir, je vous conseille de vous arrêter après la première minute.

L’histoire est superbe. Hugo Cabret est orphelin. Après avoir perdu son père dans un incendie, il a dû arrêter l’école et s’installer avec son oncle alcoolique dans un appartement de la gare où ce dernier est responsable de l’entretien des horloges. Un jour, son oncle ne rentre pas. Hugo entreprend alors de restaurer un automate déniché par son père du temps où il travaillait au musée. Il est convaincu que l’automate lui livrera un dernier message de son père. Il vole pour se nourrir et vole des pièces au magasin de jouet afin de mener à bien son projet. Un jour, le propriétaire le surprend et lui ordonne de vider ses poches. Dans l’une d’elle se trouve un carnet. Le carnet de son père, dans lequel celui-ci avait dessiné des croquis de l’automate. Le propriétaire conserve le carnet. Il le brulera, dit-il à Hugo. Mais pourquoi cet homme aigri refuse-t-il de lui rendre son carnet? Est-il si méchant?

Enfin, ce livre est fortement inspiré de l’histoire du cinéma. Fortement inspiré, surtout, de celle du cinéaste français Georges Méliès et des automates, autrefois utilisés par les prestidigitateurs lors de spectacles de magie. Georges Méliès (1861-1938) est considéré comme l’un des premiers créateurs des effets spéciaux au cinéma. Il a tourné de nombreux films aux décors baroques, extravagants et enchanteurs. Brian Selznick, auteur de L’invention de Hugo Cabret, a fait de Méliès un personnage, lui prêtant une personnalité et brodant autour de lui une histoire magnifique qui nous fait découvrir une partie de son œuvre.

Pour les curieux, voici un film de Méliès dont il est question dans le livre. Vous souhaitez lire le livre? Attendez donc avant de le visionner…

 L’invention de Hugo Cabret au cinéma

Une adaptation cinématographique a été tirée du livre. Sans être mauvaise, personnellement, elle ne m’enchante pas complètement. Ni avant d’avoir lu le livre ni après. Maintenant que je connais le livre, je peux dire qu’une chose m’agace dans ce film (un beau film, malgré tout!): l’ajout de personnages. Dans le livre, l’inspecteur de la gare occupe très peu de place, sauf dans le dernier tiers du roman. Dans le film, il apparait comme un personnage central et plutôt caricatural. Oui, en fait, je crois que là se réside ma retenue envers ce film: son ton. Il ne me semble pas convenir tout à fait.

Voici la bande annonce du film Hugo Cabret, qui pourra certainement plaire à certains.

SELZNICK, Brian. L’invention de Hugo Cabret, Éditions Scholastic, Toronto, 2008, 533 p.