Une dent contre l’ordinaire

Une dent contre l'ordinaire Charles-Étienne Ferland Prise de parole Recueil de nouvelles littéraires

Après avoir publié Dévorés chez L’Interligne en 2018, Charles-Étienne Ferland récidive avec un recueil de nouvelles, intitulé Une dent contre l’ordinaire, cette fois aux Éditions Prise de parole.

Une dent contre l’ordinaire contient quatorze textes aux thèmes éclatés et aux genres variés. De la science-fiction au fantastique en passant par le suspense ou le récit autobiographique, le recueil transporte le lecteur un peu partout et, pourtant, ce voyage se fait autour d’un seul et même pôle, celui de l’ordinaire. Il y est en effet question de l’ordinaire bien réaliste du quotidien, mais aussi de l’ordinaire réinventé ou distordu que l’on peut se permettre d’imaginer.

Pour résumer brièvement, Une dent contre l’ordinaire met entre autres en scène, dans « Appétit d’ordinaire » un monde opposé au nôtre, où tout ce qui est considéré comme la norme est une version contraire de la normalité qu’on connait. Dans cet univers sous-marin, le téléphone est un homard et on change chaque année les couleurs: « On a changé les couleurs, hier. Je ne m’y suis pas encore habituée. Tu sais que, cette année, le mauve est marron? Ça n’arrive qu’une année sur dix-neuf et demie. » (p. 7) Dans un autre texte, une cycliste fait un pacte avec le diable sans le savoir et voit alors son sens moral mis à l’épreuve. Ailleurs, une nouvelle technologie permet de garder en vie artificiellement nos ancêtres et il nous est alors possible d’aller les visiter, un peu comme au musée. Mais à ces univers déjantés s’ajoutent aussi un récit autobiographique, qui relate la rencontre avec les demi-frères sur la ferme du beau-père en Saskatchewan, une nouvelle à suspense sur la vengeance d’une élève autrefois intimidée par ses pairs ou encore un texte en vers qui raconte le deuil d’un animal.

Un recueil qu’on pourrait donc qualifier de varié avec pour toile de fond l’ordinaire brut et l’ordinaire réinventé.  Les textes d’Une dent contre l’ordinaire  s’inscrivent sans contredit pour la majorité dans les littératures de l’imaginaire. L’auteur cherche à surprendre ou encore à faire sourire, n’hésitant pas à ajouter une touche d’humour ici et là et à jouer avec les repères du lecteur pour l’emporter dans des univers souvent absurdes. On doit donc lire Une dent contre l’ordinaire comme un jeu qui déjoue les éléments du quotidien. Ce livre  plaira sans doute aux lecteurs du secondaire, pour qui des fiches pédagogiques sont d’ailleurs en cours de préparation chez le Regroupement des éditeurs franco-canadiens.

FERLAND, Charles-Étienne. Une dent contre l’ordinaire, Éditions Prise de parole, Sudbury, 2019, 117 p.

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